Des Africains aux Jeux Olympiques d’hiver

Un Ghanéen en tenue léopard sur la neige, un Ethiopien en ski à roulettes… Les Africains seront peu nombreux aux Jeux Olympiques de Vancouver, qui débutent ce vendredi, mais ils sont bien décidés à se faire remarquer.

Faute de neige, l’Ethiopien Robel Teklemariam s’entraîne sur des skis à roulettes © Reuters

Faute de neige, l’Ethiopien Robel Teklemariam s’entraîne sur des skis à roulettes © Reuters

Publié le 11 février 2010 Lecture : 2 minutes.

Les quelques sportifs africains qui se sont qualifiés aux Jeux Olympiques (J.O.) de Vancouver comptent surfer sur le mythe du film Rasta Rockett qui suit l’épopée d’une équipe jamaïcaine de bobsleigh.

Un ancien guide de safari dévalera ainsi les pistes de ski alpin canadiennes. Il aura fallu beaucoup de détermination à Kwame Nkrumah-Acheampong pour devenir le premier Ghanéen à participer aux Jeux Olympiques d’hiver. Sur les pistes, celui que l’on surnomme « Snow Leopard » (Guépard des neiges) en raison de sa combinaison tachetée se sent « comme le premier homme sur la lune ».

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Snow Leopard joue à merveille sur le décalage entre son pays d’origine et son goût pour le ski, qui lui est venu lorsqu’il était étudiant en Grande-Bretagne. Il a lui-même réalisé un clip dans lequel on le voit aussi bien jouer des percussions en habit traditionnel sous un soleil de plomb, que descendre des pistes enneigées.

Il espère ainsi séduire des entreprises, pour qu’elles achètent des espaces publicitaires sur sa tenue aux motifs léopard.

Skier sur roulettes

Avec ses dreadlocks et sa tenue aux couleurs rouge, jaune et verte, l’Ethiopien Robel Zeimichael Teklemariam s’entraîne, lui, pour les J.O. de Vancouver sur des skis à roulettes.

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« Skier sur roulettes à quelques jours des J.O., ce n’est pas l’idéal je le sais, a-t-il confié à RTL Belgique. Mais en Ethiopie, je m’entraîne à 2700 mètres d’altitude, c’est excellent pour l’endurance, il y a donc aussi des avantages à s’exercer ici ».

Celui que beaucoup regardent avec des yeux écarquillés lors de ses entraînements sur les pentes ensoleillées d’Addis-Abeba n’en est pas à ses premiers Jeux. Il est fier d’avoir terminé à la 84e place sur 95 skieurs de fond, à Turin, en 2006. Le dernier était un Népalais. Il semblerait que le pays d’origine ne fasse pas tout…

Le choix de l’étranger

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D’autres Africains représenteront leur pays aux J.O. d’hiver, tout en s’entraînant en Europe. Le Marocain Samir Azzimani évolue en France au sein du Racing Club et le Sénégalais Leyti Seck enchaîne les descentes en Autriche.

Véritables compétiteurs, ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Le Marocain a remporté la 46e place aux championnats du monde de ski alpin en 2001 et le Sénégalais a terminé 54e aux mondiaux de slalom en 2005.

Les Jeux de Vancouver seront également l’occasion de faire connaissance avec une jeune pousse : Khelifi Mehdhi-Selim. Ce skieur de fond algérien de 17 ans vit en France, dans les Pyrénées.

 2010 sera aussi l’année du retour de Sandra Laoura, mais de l’autre côté du miroir. D’origine algérienne, elle a été la première femme originaire du Maghreb à gagner une médaille aux JO d’hiver. C’était du bronze, en 2006 à Turin. Un an plus tard, un accident a paralysé les jambes de cette ancienne star du ski de bosses. Elle se rendra à Vancouver en tant que consultante de France Télévisions.

Un petit exploit

En toute logique, le nombre d’athlètes africains reste anecdotique aux J.O. d’hiver. Sur près de 3000 participants, ils seront moins de 10 à représenter un pays du continent.

S’ils ne se font guère d’illusions sur leurs chances de ramener une médaille, le simple fait d’être qualifié pour les Jeux Olympiques tout en venant d’un pays où ne tombe jamais la neige est déjà un petit exploit.
 

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