RDC : les Américains derrière les mouvements citoyens ?

Les autorités congolaises, qui ont durement mis fin à la rencontre entre les mouvements citoyens étrangers et congolais la semaine dernière, ont trouvé en Washington un responsable à ce qu’elles décrivent comme une tentative de déstabilisation.

L’ambassadeur Séraphin Ngwej. © Un Photo/Rick Bajornas

L’ambassadeur Séraphin Ngwej. © Un Photo/Rick Bajornas

Publié le 25 mars 2015 Lecture : 1 minute.

Les autorités de Kinshasa en sont convaincues : derrière l’opération de sensibilisation avortée organisée à la mi-mars par les militants associatifs ouest-africains de Y’en a marre et du Balai citoyen se profile une tentative de déstabilisation voulue et orchestrée par les Américains.

Interrogé par J.A., l’ambassadeur Séraphin Ngwej, conseiller diplomatique très écouté du président Kabila, va plus loin. Il accuse Tulinabo Mushingi, l’ambassadeur des États-Unis à Ouagadougou, qui est originaire du territoire de Masisi, dans le Nord-Kivu, d’avoir "planifié et financé" le déplacement et le séjour à Kinshasa des activistes sénégalais et burkinabè. "Nous avons toutes les preuves ! assure Ngwej. Sauf à imaginer que les Américains veulent faire de la subversion au nom de la démocratie, cet acharnement est incompréhensible. Le débat sur le respect de la Constitution et la limitation des mandats est désormais clos. Que cherchent-ils de plus ?"

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Macky Sall apaise Kabila

C’est Souleymane Jules Diop, le secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur, qui, à partir du 15 mars, a conduit les négociations avec Raymond Tshibanda, le ministre des Affaires étrangères de la RD Congo, en vue d’obtenir la libération de trois militants du mouvement citoyen Y’en a marre arrêtés le même jour à Kinshasa. "Ils sont venus inciter les Congolais à l’insurrection !" lui a d’emblée lancé son interlocuteur, qui reproche aux autorités sénégalaises de ne pas l’en avoir averti.

Le 17 mars au matin, lors d’une conférence de presse, Macky Sall s’est refusé à alimenter la polémique : "Il ne m’appartient pas de juger si c’est normal ou pas normal." Une position très mesurée qui aurait convaincu Joseph Kabila d’accélérer la libération des militants. C’est la présidence congolaise qui a payé les billets d’avion.

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