Les deux Afrique

Le numéro double de Jeune Afrique, du 25 décembre au 8 janvier, illustre à merveille l’ambivalence d’un continent que nous décryptons chaque semaine depuis maintenant plus de cinquante-six ans.

Des enfants gabonais jouent au football sur l’une des plages de Libreville, le 22 janvier 2012. © Francois Mori/AP/SIPA

Des enfants gabonais jouent au football sur l’une des plages de Libreville, le 22 janvier 2012. © Francois Mori/AP/SIPA

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Publié le 26 décembre 2016 Lecture : 2 minutes.

D’un côté, le « Grand angle » que nous consacrons à la « nouvelle Afrique », terre de talents, d’idées novatrices, d’énergies positives, matrice féconde où la créativité d’une jeunesse bouillonnante le dispute à sa volonté inébranlable de s’affranchir des carcans et d’élaborer ses propres recettes. Notre rédaction a fait le choix de vous présenter ses icônes, sélection évidemment subjective et non exhaustive, mais aussi les événements représentatifs de ce que l’Afrique pourrait être demain.

Autre face, moins vertueuse de ce continent-Janus, ces pays où demain représente une plongée dans l’inconnu, car il n’est absolument pas préparé. L’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika, où il se murmure que le raïs, à bientôt 80 printemps, pourrait être tenté de briguer un cinquième mandat en 2019. Ou le Zimbabwe de Robert Mugabe, 92 ans dont trente-six passés à la tête de l’État, qui vient d’être investi par son parti pour la présidentielle de 2018).

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C’est aussi le Gabon d’Ali Bongo Ondimba et de Jean Ping, qui s’enlise dans la contestation d’une élection ratée, comme souvent en Afrique centrale. Et la République démocratique du Congo de Joseph Kabila, pour laquelle nous sommes nombreux à craindre le pire. Cette « ancienne Afrique » s’échine à résister et lutte bec et ongles pour, comme dit le proverbe, « faire son temps mais aussi celui de ses enfants ».

Les fils et les filles de l’Afrique supportent de moins en moins de ne pouvoir choisir librement leurs dirigeants

Même en Afrique de l’Ouest, pourtant plus vertueuse en matière d’alternance démocratique ou de processus électoraux réussis. Yahya Jammeh vient une nouvelle fois de démontrer que, si la Gambie reste un cas à part, aucune avancée n’est définitivement acquise et que se débarrasser des vieux démons nécessite une vigilance de tous les instants.

Cette Afrique anachronique, qui se caractérise par une sidérante absence de perspectives pour une population jeune qui n’a souvent connu qu’un seul chef, est vouée à disparaître. Car ses fils et ses filles supportent de moins en moins de ne pouvoir choisir librement leurs dirigeants. Et l’expriment désormais ouvertement.

Le Bénin, le Nigeria et, plus récemment, le Ghana ont, entre autres, représenté autant de bonnes nouvelles pour la démocratie et de raisons d’espérer. Une élection présidentielle n’est pas forcément jouée d’avance, le candidat au pouvoir (ou soutenu par ce dernier) n’a pas obligatoirement partie gagnée, et ce qui ressort des urnes peut correspondre, au bulletin près, aux choix des électeurs.

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Même si, à Cotonou comme à Abuja, les premiers signes de déception apparaissent, et les critiques sur la gouvernance de Patrice Talon ou de Muhammadu Buhari se multiplient. Mais – comme me le faisait remarquer un ami journaliste gabonais lors d’un débat animé sur la présidentielle de son pays où l’un de ses confrères lui expliquait que Jean Ping n’était pas le mieux placé pour faire rêver les jeunes Gabonais – c’est justement ce que réclament ces « nouveaux Africains » : choisir en leur âme et conscience, et en toute transparence. Quitte à faire le mauvais choix, puis à montrer la porte de sortie à celui qui les aura déçus, à l’occasion du scrutin suivant.

Lire l’édition de Jeune Afrique, du 25 décembre au 8 janvier 2017

Jeune Afrique, n°2920, du 26 décembre au 8 janvier 2017 © JA

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