Maroc : « La stratégie du gouvernement Akhannouch est de répondre très rapidement aux revendications »
Bilan des six premiers mois d’Aziz Akhannouch, réformes, effervescence sociale, reconstruction de l’opposition… Le chercheur David Goeury livre à « Jeune Afrique » son analyse de la situation politique dans le royaume.
Maroc : en attendant Akhannouch
Depuis sa nomination, la nouvelle coalition gouvernementale s’est concentrée sur la gestion des crises liées à la pandémie et à la sécheresse. Mais au-delà des plans d’urgence, les Marocains attendent des mesures fortes permettant de renouer avec la croissance et d’engager les profondes réformes annoncées.
Les ministres du gouvernement communiquent-ils trop peu ? Alors que tous les analystes et acteurs de la vie politique s’impatientent devant la méthode de Aziz Akhannouch, à la tête du Conseil de gouvernement depuis le 7 octobre 2021, David Goeury estime cette lecture dépassée, partagée seulement par une petite minorité urbaine de l’axe Casablanca-Rabat.
Chercheur associé au centre Jacques Berque de Rabat et à l’unité de recherche Médiations « Sciences des lieux, sciences de liens » de l’université Paris-Sorbonne, membre du groupe de recherche marocain Tafra – qui vise entre autres à analyser les enjeux institutionnels et politiques du royaume –, David Goeury assure qu’ »avec la régionalisation avancée, les électeurs ne s’intéressent pas à la communication du gouvernement, mais aux actions menées au quotidien dans les territoires ».
C’est, selon lui, ce qui a fait la différence lors des élections législatives et des scrutins communaux et régionaux du 8 septembre dernier. « Les électeurs ont sanctionné le Parti de la justice et du développement (PJD) non pas à cause de sa gestion gouvernementale ou de son manque de communication, mais en raison de son échec dans la gestion des communes qu’il présidait. » Arrivé en tête aux trois scrutins de 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) de Aziz Akhannouch en est conscient. Il a une solide assise dans les communes rurales et urbaines comme au sein des chambres professionnelles. Et il sait que, sur ce terrain, le travail de proximité prime.
Jeune Afrique : quel bilan tirez-vous des six premiers mois du gouvernement de Aziz Akhannouch ?
David Goeury : Les élections ont été remportées grâce à la mobilisation des électeurs ruraux, des artisans, des commerçants et des plus âgés. Le chef du gouvernement souhaite donc instaurer des réformes structurelles pour créer un état social au Maroc au profit de ces catégories. Mais ces réformes sont complexes à mettre en place au moment où le Maroc dispose de ressources financières limitées et accuse un important déficit budgétaire et commercial.
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Maroc : en attendant Akhannouch
Depuis sa nomination, la nouvelle coalition gouvernementale s’est concentrée sur la gestion des crises liées à la pandémie et à la sécheresse. Mais au-delà des plans d’urgence, les Marocains attendent des mesures fortes permettant de renouer avec la croissance et d’engager les profondes réformes annoncées.
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