Pour Ibrahim Traoré, le Burkina Faso n’est pas « l’ennemi du peuple français »
Dénonçant des « accords signés par la France » qui empêchent les pays africains de se développer, le président de transition burkinabè a évoqué de nouvelles coopérations pour son pays.
Le Burkina Faso n’est pas l’ »ennemi » du « peuple français », a affirmé le capitaine Ibrahim Traoré dans un entretien diffusé le 6 septembre au soir par la Radio télévision du Burkina (RTB, publique).
« Nous ne sommes pas ennemis avec le peuple français, c’est la politique de ceux qui dirigent la France qui pose problème en Afrique, donc tant qu’un État n’est pas dans un esprit impérialiste (…) il n’y a pas de problème », a déclaré le président de transition au cours de cette allocution enregistrée le 31 août.
« Il faut qu’on accepte de se regarder d’égal à égal » et « qu’on accepte de revoir toute notre coopération », a-t-il ajouté. Sans la nommer, il a reproché à la France d’avoir « donné l’indépendance » et « placé des gens » à « la tête de certains États ». Selon lui, « on a amené les gens à signer beaucoup d’accords (…) qui nous empêchent de nous développer », ajoutant que « les États impérialistes, ce n’est pas uniquement la France, il y en a d’autres », a-t-il poursuivi sans les citer.
Nouveaux partenaires
Le capitaine Ibrahim Traoré a également remis en question l’efficacité de la présence des soldats français au Burkina Faso dans le cadre de la lutte antijihadiste, dont il a exigé le départ en janvier. Depuis, son pays cherche de nouvelles coopérations. « Nous avons de nouveaux partenaires qui nous appuient en termes d’équipements et autre », a-t-il ajouté sans les nommer.
Pas plus tard que le 4 septembre, la ministre burkinabè des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, avait manifesté le souhait de son pays de « renforcer la coopération bilatérale » avec l’Iran, lors d’un entretien à Téhéran avec le président Ebrahim Raïssi.
Une délégation russe a aussi rencontré le capitaine Traoré la semaine dernière à Ouagadougou, abordant des questions de développement et de coopération militaire, après le déplacement du président de transition à Saint-Pétersbourg au sommet Russie-Afrique, en juillet.
Il a enfin réaffirmé le soutien de son pays au Niger, théâtre d’un coup d’État le 26 juillet, et avec qui le Burkina Faso partage la zone dite des « trois frontières », considérée comme un repaire de groupes jihadistes.
(Avec AFP)
La Matinale.
Chaque matin, recevez les 10 informations clés de l’actualité africaine.
Consultez notre politique de gestion des données personnelles
Les plus lus – Politique
- Sexe, pouvoir et vidéos : de quoi l’affaire Baltasar est-elle le nom ?
- Législatives au Sénégal : Pastef donné vainqueur
- Au Bénin, arrestation de l’ancien directeur de la police
- L’Algérie doit-elle avoir peur de Marco Rubio, le nouveau secrétaire d’État améric...
- Mali : les soutiens de la junte ripostent après les propos incendiaires de Choguel...