Présidentielle au Liberia: l’opposition rejette les résultats, les frontières terrestres fermées

Les autorités libériennes ont décidé samedi de fermer leurs frontières terrestres avec la Côte d’Ivoire, la Guinée et la Sierra-Leone, jusqu’à nouvel ordre, suite à la décision de l’opposition de quitter le processus électoral.

Les frontières terrestres du Liberia ont été provisoirement fermées. © AFP

Les frontières terrestres du Liberia ont été provisoirement fermées. © AFP

Publié le 16 octobre 2011 Lecture : 3 minutes.

Mise à jour le 16/10/11 à 11h51

L’opposition a rejeté samedi les résultats partiels – "truqués" selon elle – des élections du 11 octobre au Liberia, donnant vainqueur la sortante Ellen Johnson Sirleaf, Nobel de la paix 2011, et a décidé de se retirer du processus électoral. A la suite de ce rejet, les frontières terrestres avec les trois pays voisins du Liberia – Côte d’Ivoire, Guinée et Sierra-Leone – ont été fermées jusqu’à nouvel ordre, selon une source sécuritaire.

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"Nous déclarons truqués et par conséquent nuls et non avenus les résultats rapportés par la Commission électorale nationale (NEC)", selon un communiqué signé de neuf partis politiques, dont le Congrès pour le changement démocratique (CDC) de Winston Tubman, principal opposant.

Ces partis ont demandé à leurs représentants de se retirer immédiatement de la commission électorale dont ils exigent qu’elle arrête de proclamer des résultats que, disent-ils, "nous n’accepterons pas". Ils vont "informer" les Libériens et la communauté internationale "de l’action calculée et délibérée de la NEC de truquer ces élections en faveur de la présidente Johnson Sirleaf et du Parti de l’Unité", son parti.

Ellen Johnson Sirleaf provisoirement en tête avec 44,6% des suffrages

Outre le CDC de Winston Tubman, l’Union nationale pour le progrès démocratique (NUDP) de l’ex-chef de guerre Prince Johnson, arrivé en 3ème position à la présidentielle, est signataire du communiqué.

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A Monrovia, un journaliste de l’AFP a constaté que de nombreux habitants s’approvisionnaient en nourriture et autres produits de base et que des Libériens de l’intérieur venus dans la capitale, ont préféré en repartir par crainte de troubles.

En dépit de la demande de l’opposition d’arrêter la publication de nouveaux résultats, la commission électorale en a proclamé de nouveaux samedi portant sur 71,1% des bulletins dépouillés. Ils confirment l’avance de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la paix 2011, qui, avec 44,6% des voix, devance Winston Tubman (31,4%) et l’ex-chef de guerre Prince Johnson (11,2%).

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Si elle obtenait au moins 50%, Mme Sirleaf serait déclarée vainqueur sans être obligée d’aller à un second tour face à M. Tubman qui avait jugé "inacceptable", "non mérité" et "provocateur" le prix Nobel de la paix attribué à sa concurrente quatre jours avant les élections.

La présidentielle a été organisée en même temps que des législatives et des sénatoriales. Le taux de participation dans les bureaux dont les bulletins ont été comptés était d’environ 70%, confirmant la forte mobilisation constatée le jour du vote. Les nombreux observateurs internationaux qui ont surveillé les scrutins avaient tous salué leur caractère pacifique et cette mobilisation.

"Le recours à la violence ne sera pas toléré"

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, avait mis en garde vendredi la classe politique libérienne, affirmant que "le recours à la violence ne sera pas toléré". Il avait ajouté que ses services surveillaient "de près les développements liés aux élections" et qu’il portait "une grande attention aux actions et déclarations de la classe politique, et en particulier des candidats à la présidentielle, même après les élections".

Le Liberia a été ravagé par deux guerres civiles, de 1989 à 2003, qui ont fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de blessés, en détruisant ses infrastructures et son économie. Le chômage y atteint encore aujourd’hui 80% de la population active.

Au lendemain du scrutin, la Mission de l’ONU au Liberia (Minul) avait fait savoir qu’en dépit du caractère pacifique des élections présidentielle, législatives et sénatoriales du 11 octobre, la vigilance de ses 8.000 hommes ne faiblissait pas. L’ONU s’inquiète en particulier de l’attitude de mercenaires libériens et ivoiriens ayant combattu en Côte d’Ivoire lors du conflit qui a suivi le second tour de la présidentielle de novembre 2010 dans ce pays voisin, et qui sont rentrés au Liberia avec des armes.

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