Retour avorté au Sahara occidental de la militante Aminatou Haida

Le Maroc, au risque d’une crise diplomatique avec Madrid, a interdit à la militante pro-Polisario Aminatou Haidar de rentrer au Sahara Occidental vendredi soir par avion, après lui en avoir donné dans un premier temps l’autorisation, a assuré le gouvernement espagnol.

Publié le 5 décembre 2009 Lecture : 2 minutes.

Le Maroc a fait part vendredi soir de son "étonnement" face aux informations en provenance d’Espagne.

Dans un communiqué, le ministère marocain des Affaires étrangères a souligné vendredi soir que cet étonnement "est d’autant plus grand que la position légitime et argumentée du royaume à ce sujet est parfaitement connue et qu’elle ne saurait changer".

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"Aminatou Haidar a renié son identité et sa nationalité, et après toutes ses provocations depuis le 13 novembre à l’aéroport de Laâyoune, elle doit assumer, seule, les conséquences juridiques et morales qui résultent de ce comportement", avait déclaré mercredi le ministre marocain des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri à la Chambre des représentants.

"Gifle" à l’Espagne

"Nous avions (obtenu du Maroc) les permis pour voler comme pour atterrir à Laâyoune" (principale ville du Sahara occidental), a expliqué à l’aéroport de Lanzarote (Canaries) Agustin Santos, chef de cabinet du ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, qui avait pris place dans l’avion.

Mais peu avant le décollage, "la personne qui était là-bas à la tour de contrôle (de Laâyoune) nous a dit qu’il manquait un plan de vol déposé 24 heures à l’avance". Nous avons insisté mais il n’a pas été possible de voler", a ajouté M. Santos.

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Le chef de cabinet de M. Moratinos a toutefois souligné que la délégation accompagnant Mme Haidar espérait malgré tout pouvoir obtenir du Maroc un plan de vol pour la Sahara occidental, sans préciser quand.

Après ces péripéties, Mme Haidar a été débarquée de l’avion et reconduite en chaise roulante au terminal de l’aéroport au milieu de ses sympathisants. En début de soirée, elle avait mis un terme à une grève de la faim de 19 jours, alors que son retour semblait imminent.

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Un responsable du Polisario à Madrid, Mhamed Jadad, a qualifié de "gifle" à l’Espagne l’apparente volte-face des autorités marocaines. "L’attitude téméraire du Maroc est un défi à l’Espagne qui l’oblige à réagir", a-t-il estimé.

Réunion UE-Maroc

Le secrétaire général du Parti communiste espagnole (PCE) José Luis Centella a réclamé la suspension des accords bilatéraux entre l’Union européenne et le Maroc "devant cette nouvelle atteinte aux droits de l’Homme". Une réunion UE-Maroc est prévue lundi à Bruxelles.

Mme Haidar avait été expulsée le 14 novembre du Sahara occidental par les autorités marocaines qu’elle accuse de lui avoir retiré son passeport marocain avant de l’avoir embarquée dans un vol pour Lanzarote.

Selon Rabat, elle avait refusé d’"accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine" à son arrivée le 13 novembre à Laâyoune.

La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, avait pressé dans l’après-midi à Mme Haidar de cesser sa grève de la faim, en promettant que Madrid poursuivait ses efforts diplomatiques pour régler sa situation.

Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, a été annexé en 1975 par le Maroc qui l’administre depuis cette date. Rabat propose pour cette région un plan de large autonomie sous la souveraineté marocaine, auquel s’oppose le Polisario, soutenu par Alger, qui réclame un référendum d’autodétermination.

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