Les Etats-Unis prêts à pacifier le Delta du Niger

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a proposé le soutien des Etats-Unis pour ramener la paix dans le sud pétrolifère du Nigeria, lors d’une visite mercredi dans cette puissance africaine avec laquelle Washington souhaite resserrer les liens.

Publié le 12 août 2009 Lecture : 2 minutes.

Elle a eu dans l’après-midi un entretien "très productif" avec le président Umaru Yar’Adua, a indiqué à des journalistes le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe à l’issue de cette rencontre à huis clos.

Un renforcement du partenariat des deux nations a été évoqué et Mme Clinton a fait part de "l’engagement de l’administration Obama à développer une relation spéciale avec le Nigeria", a indiqué M. Maduekwe.

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La secrétaire d’Etat américaine a indiqué que Washington était disposé à assister le Nigeria dans ses efforts pour ramener la paix dans le delta du Niger, région pétrolifère du sud en proie à des violences qui ont fait nettement chuter la production nationale de pétrole.

Efforts "très prometteurs" du Nigeria

Aucune décision n’a été prise, mais les armées des deux pays se consulteront pour déterminer quel soutien les Etats-Unis pourraient apporter, a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Maduekwe, avec qui elle venait d’avoir un entretien.

Elle a précisé avoir également rencontré le ministre nigérian de la Défense.

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Le chef de la diplomatie nigériane a déclaré espérer que l’amnistie présidentielle offerte aux groupes armés du delta, qui affirment se battre pour une répartition plus juste de la manne pétrolière, permette un retour à la paix d’ici fin décembre, lors de cette même conférence de presse.

Clinton a jugé "très prometteurs" les efforts du Nigeria. Umaru Yar’Adua a offert l’amnistie aux militants qui déposeront les armes et arrêteront leurs attaques incessantes contre les infrastructures pétrolières.

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Le Nigeria, premier fournisseur africain de brut des Etats-Unis, est pour Washington un "ami, un allié et un partenaire dans un grand nombre de domaines", a estimé Mme Clinton.

Bonne gouvernance

L’ex-Première dame américaine a également fait part de ses inquiétudes face à la corruption et au fonctionnement politique du Nigeria.

L’élection en avril 2007 d’Umaru Yar’Adua a été marquée par de nombreuses irrégularités, selon les observateurs.

"Nous soutenons et encourageons fortement les efforts du gouvernement nigérian pour augmenter la transparence, réduire la corruption et soutenir les processus démocratiques en vue des élections de 2011", a-t-elle déclaré.

Umaru Yar’Adua et son homologue américain Barack Obama partagent les mêmes points de vue sur ces questions, a assuré M. Maduekwe après l’entretien de son président et de Mme Clinton.

"Les réformes électorales et l’engagement en faveur du respect des lois, la lutte contre la corruption: le président a reconnu que nous avons là d’importants défis", a-t-il poursuivi.

Forum sur la corruption

Clinton devait participer en fin de journée à un forum sur la corruption avec des représentants de la société civile, puis à une table ronde avec des dignitaires religieux.

Quelque 140 millions de Nigérians sont répartis à peu près également entre un sud chrétien et un nord musulman. Régulièrement, des violences à caractère religieux embrasent le pays.

En juillet, des affrontements entre forces de l’ordre et islamistes pro-talibans ont fait plus de 800 morts.

La secrétaire d’Etat américaine a salué les efforts d’Abuja pour préserver la paix intercommunautaire. Elle quittera le Nigeria jeudi matin pour se rendre au Liberia puis au Cap Vert, dans le cadre de sa tournée de onze jours dans sept pays africains.

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