Condamnation d’homosexuels: Aides appelle Paris à protester
Aides a appelé le gouvernement français à protester auprès des autorités sénégalaises après la condamnation à Dakar du président de la branche sénégalaise de cette association de lutte contre le sida à huit ans de prison ferme.
"Neuf hommes dont Diadji Diouf, le président de Aides Sénégal, ont été condamnés le 7 janvier à huit ans de prison ferme pour +conduite indécente et actes contre nature et association de malfaiteurs+", rappelle l’association, estimant que M. Diouf a été condamné "pour avoir lutté contre le sida".
Dans un courrier adressé à la ministre française de la Santé Roselyne Bachelot, à la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade et à Carla Bruni-Sarkozy, épouse du chef de l’Etat français et ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le sida, Aides "appelle les autorités françaises à réagir contre cette atteinte aux droits humains, en violation des normes internationales".
Elle rappelle que Aides Sénégal "oeuvre dans ce pays à la prévention du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes". Selon elle, les neuf hommes ont été arrêtés parce qu’ils étaient en possession de matériel dit "pornographique": préservatifs, brochures et godemichés pour démonstration.
"Leur inculpation fait de l’ensemble des associations de lutte contre le sida des associations de malfaiteurs", souligne-t-elle.
Au Sénégal, la prévalence du VIH/sida est de 21,5 % dans la communauté gay (0,7 % pour la population générale), précise-t-elle.
Aides "dénonce l’hypocrisie des autorités sénégalaises" qui ont accueilli la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles (Icasa).
Aides a lancé une pétition demandant la libération immédiate des neuf condamnés, la protection des acteurs de lutte contre le sida au Sénégal, et la suppression de l’article 319. 3 du code pénal sénégalais qui pénalise l’homosexualité.
Selon les observateurs, l’homophobie gagne du terrain au Sénégal, pays à 95% musulman, où l’homosexualité est officiellement interdite et passible, selon le Code pénal, d’une peine allant d’un à cinq ans d’emprisonnement.
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