La présidentielle égyptienne sera supervisée par l’Union européenne

L’Union européenne va, pour la première fois, superviser l’élection présidentielle prévue fin mai en Égypte. L’ex-homme fort de l’armée, Abdel Fattah al-Sissi, en est le grand favori.

Les membres de la commission présidentielle électorale, le 30 mars au Caire. © AFP

Les membres de la commission présidentielle électorale, le 30 mars au Caire. © AFP

Publié le 11 avril 2014 Lecture : 2 minutes.

Selon un accord de principe conclu jeudi 10 avril à l’occasion de la visite de Catherine Ashton, chef de diplomatie européenne, au Caire, l’Union européenne (UE) va superviser l’élection présidentielle prévue les 26 et 27 mai en Égypte. Ce sera la première fois que l’UE supervise une élection dans le plus peuplé des pays arabes.

Dans un communiqué commun publié à l’issue d’une rencontre entre Catherine Ashton et le chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Fahmy, les deux parties affirment "qu’un accord a été conclu sur le déploiement d’une mission européenne pour superviser la prochaine élection présidentielle, à la demande du gouvernement égyptien". Des accords en ce sens avec la haute commission électorale et le ministère des Affaires étrangères égyptiens seront bientôt signés, "de façon à permettre aux observateurs de l’UE de pouvoir circuler à travers le pays sans entraves et de pouvoir être en contact avec toutes les parties concernées" par ce scrutin, précise le communiqué. Les deux parties soulignent en outre qu’elles comptent sur des "élections transparentes et crédibles".

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"Coup d’État militaire"

L’élection présidentielle aura lieu les 26 et 27 mai, près de onze mois après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l’armée, dont l’ex-chef, Abdel Fattah al-Sissi, est donné grand favori pour le scrutin. Les électeurs égyptiens sauront au plus tard le 5 juin s’ils doivent se rendre aux urnes pour un second tour (16 et 17 juin), auquel cas, les résultats seront publiés le 26 juin au plus tard. La présidentielle, qui doit être suivie d’un scrutin parlementaire, doit doter le pays d’un pouvoir élu après dix mois de gouvernement intérimaire et clore la "transition démocratique" promise par l’armée le 3 juillet.

Toutefois, depuis cette date, les partisans de Mohamed Morsi dénoncent un "coup d’État militaire" et manifestent régulièrement en dépit d’une sanglante répression qui a fait, selon Amnesty International, au moins 1 400 morts. Abdel Fattah al-Sissi a deux adversaires déclarés : un avocat controversé et partisan d’un État fort, Mortada Mansour, et le leader de gauche Hamdeen Sabbahi. Selon les experts, ils n’ont que très peu de chance d’engranger un nombre significatif de voix.

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Dans un pays auquel l’armée a fourni tous ses présidents – à l’exception de Mohamed Morsi -, le militaire de 59 ans incarne l’homme fort à même de restaurer la stabilité, vitale pour faire revenir touristes et investisseurs et redresser l’économie égyptienne en ruines. Pour ses opposants, une présidence Sissi consacrerait en revanche le retour d’un pouvoir autoritaire en Égypte.

(Avec AFP)

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