Côte d’Ivoire : polémique autour du taux de participation aux législatives

Quel a été le taux de participation aux élections législatives du dimanche 11 décembre 2011 en Côte d’Ivoire, boycottées par le FPI ? Trois jours après la tenue du scrutin, il n’est toujours pas connu, ce qui alimente la polémique autour du chiffre très faible annoncé par l’opposition pro-Gbagbo. Selon elle, environ 20% des inscrits seulement se seraient déplacés.

Le président ivoirien Alassane Ouattara vote à Abidjan, le 11 décembre 2011. © Sia Kambou/AFP

Le président ivoirien Alassane Ouattara vote à Abidjan, le 11 décembre 2011. © Sia Kambou/AFP

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Publié le 14 décembre 2011 Lecture : 2 minutes.

Dans la journée du dimanche 11 décembre, Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI) en Côte d’Ivoire, avait laissé entendre que le taux de participation pourrait se situer entre 35 et 36 %. Depuis la fermeture du dernier bureau de vote, dans la soirée de dimanche, c’est le silence total du côté de la structure qui organise les élections. Une attitude surprenante, puisque lors des deux tours de l’élection présidentielle de 2010, la CEI avait livré le taux de participation aux élections quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote, à 18 heures.

Participation "catastrophique" ?

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« Les méthodes de collecte des résultats sont différentes cette fois-ci, a déclaré à jeuneafrique.com Baba Coulibaly, chef du service de la communication de la Commission électorale indépendante (CEI). À la présidentielle, nous avions utilisé deux méthodes de collecte des résultats à la base : la méthode électronique et la méthode manuelle. C’était donc plus rapide. Cette fois-ci, seule la méthode manuelle, plus lente, a été retenue pour des raisons d’ordre budgétaire. La commission centrale ne peut donc pas disposer des résultats des commissions locales en temps réel ».

Pour certains militants de l’opposition pro-Gbagbo, qui parlent d’un taux de participation « catastrophique » qui serait inférieur à 20 %, le silence de la CEI est la preuve que les électeurs ivoiriens ont boudé les élections en respectant le mot d’ordre de boycott du Front populaire ivoirien (FPI, de Laurent Gbagbo). Laurent Akoun, le secrétaire général par intérim du parti, a affirmé mardi que le taux de participation des « législatives taillées sur mesure, organisées par le pouvoir Ouattara, tourne autour de 14,33% ».

Le chef du service communication de la CEI explique pour sa part que « la CEI ne donne pas de chiffre pour la simple raison que tous les résultats des circonscriptions électorales n’ont pas encore été consolidés. Pour éviter toute interprétation, nous publions les résultats de chaque circonscription avec le taux de participation dans celles-ci. Le contrôle peut être déjà fait à la base. Il sera donc aisé d’en déduire un taux de participation global, à la fin de la proclamation des résultats ».

"Élections apaisées"

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En attendant, difficile de dégager une tendance fiable, même si les observateurs n’ont pas noté une grande affluence dans les bureaux de vote. Dans la circonscription d’Alépé (région akyé, traditionnellement favorable à Gbagbo) par exemple, Camille Aké a été élue avec un taux de participation de 18,88 %. En revanche, le Premier ministre Guillaume Soro a été élu à Ferkéssédougou (nord) avec un taux de 80,61 %.

Le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, fraîchement élu à Séguéla (nord), a expliqué peu après le scrutin que « l’enjeu de cette élection n’était pas le taux de participation, mais d’abord d’organiser une élection apaisée. Cette élection s’est tenue dans le calme ». Alors que selon des résultats provisoires, le Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara obtiendrait la majorité absolue, Baba Coulibaly assure que les derniers chiffres seront connus jeudi, au plus tard. Avec, par conséquent, le taux de participation…

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