Libye : un premier parti politique créé à Benghazi
Pour la première fois depuis des décennies, un parti politique a vu le jour en Libye. Il est né cette semaine à Benghazi, dans l’Est contrôlé par les rebelles, à l’initiative d’expatriés libyens. Son nom : le Parti de la nouvelle Libye.
Nouveau venu dans le paysage politique libyen. Le Parti de la nouvelle Libye (PNL) a vu le jour cette semaine à Benghazi, à l’initiative d’expatriés libyens. Une première depuis des décennies dans un pays où les partis politique sont interdits depuis 1977 par le régime de Mouammar Kadhafi.
« Nous nous appelons le Parti de la nouvelle Libye parce que tout a été détruit » par le colonel Kadhafi, déclare Ramadan Ben Amer, l’un des cofondateurs du parti, dans un entretien à l’AFP.
Dans cet entretien, cet ingénieur en pétrochimie de 53 ans installé aux Émirats arabes unis a présenté les grandes lignes du programme de sa formation. Le PNL mise une démocratie fédérale, avec une séparation claire entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, sur le modèle américain, a-t-il expliqué.
Selon lui, il s’agit du meilleur système pour assurer le développement du tourisme et la gestion des ressources pétrolières.
Le CNT n’en a "jamais entendu parler"
« Réformer et développer le secteur pétrolier, de même que les énergies alternatives », notamment solaires, fait partie des priorités du nouveau mouvement, suivies du système de santé et de la sécurité sociale. Le PNL souhaite l’abrogation de tous les impôts, au premier rang desquels l’impôt sur le revenu.
Il veut également promouvoir l’égalité des droits, la participation des femmes et des jeunes dans la société, la protection des minorités et la limitation du rôle des tribus, des « entités sociales » qui « ne devraient pas être considérées comme des corps politiques ».
Pour Ramadan Ben Amer, la Libye devrait devenir un État musulman séculier, où la relation à Dieu serait considérée comme une affaire personnelle.
L’ingénieur affirme que 2 000 personnes ont déjà rejoint la nouvelle formation. La plupart habitent Benghazi, sa ville natale, et Derna, celle de Rajad Mabrouk, 65 ans, l’autre fondateur du mouvement, qui vit à Dallas, au Texas.
Le Parti de la nouvelle Libye n’a semble-t-il aucun lien avec le Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion, reconnu par des dizaines de pays comme le « représentant légitime » de la Libye et siégeant également à Benghazi. Un porte-parole du CNT a indiqué n’en avoir « jamais entendu parler ».
(Avec AFP)
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