Femmes d’exception
Layla Aziz et Magali Lesueur signent un « ballet documentaire » qui rend hommage aux femmes du monde arabo-musulman occultées par les livres d’histoire.
« Dans un monde parfait, affirme Layla Aziz, j’aurais aimé être poétesse. » « Mais, explique-t-elle, en Tunisie, où j’ai grandi, les arts n’ont pas leur place dans les études. » Née d’un père tunisien et d’une mère franco-suisse, Layla Aziz débarque à Paris après son bac pour suivre des études de finance. « Je découvre alors, raconte-t-elle, le racisme et l’image tronquée qu’on peut avoir de l’islam et de la place des femmes dans des sociétés comme la Tunisie. » En réponse, elle décide de rendre hommage aux femmes « oubliées, occultées par ceux qui écrivent l’Histoire », qui ont su asseoir leur autorité dans le monde arabo-musulman.
Près de dix années durant, Layla Aziz se plonge dans les archives, d’abord en France, puis en Tunisie à partir de 2006. Et rédige neuf textes qui évoquent les vies d’Al-Khansa, célébrée meilleure poétesse au concours de poésie de Médine (VIIe siècle) ; de Rabia al-Adawiya, figure de la spiritualité soufie ; Fatima al-Fihria, qui fit construire une université à Fès ; Wallada Bint al-Mustakfi, qui tenait un salon littéraire à Cordoue ; la reine Arwa, qui dirigea le Yémen (XIe siècle), tout comme Razia Sultana, Delhi (XIIIe siècle), Shajarat al-Durr, descendante d’esclaves, l’Égypte (1250-1257), ou encore la sultane Roxelane, la Turquie. Pour finir avec la poétesse syrienne Maryana Marrache.
Des femmes à qui la danseuse Magali Lesueur redonne vie dans une chorégraphie emplie de grâce. Avec Sultana, présentée à Paris le 26 janvier, Layla Aziz et Magali Lesueur signent un « ballet documentaire » à la fois très oriental et très classique. Et qui vient d’être sélectionné pour le Festival du monde arabe de Montréal, qui se tiendra du 30 octobre au 15 novembre prochains.
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