Irak versus Blackwater
Le 31 décembre, un juge fédéral américain a abandonné les poursuites contre cinq employés de la société militaire privée américaine Blackwater pour vice de procédure. Ces derniers sont accusés du meurtre de quatorze civils irakiens, tués en septembre 2007 lors d’une fusillade sur la place Nousour, à Bagdad. Depuis cette décision, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, ne décolère pas : « Nous ne renoncerons jamais à notre droit de faire condamner Blackwater. » L’État irakien a donc déposé une double plainte auprès des justices américaine et irakienne, et a reçu le soutien de l’ONU. Ayant plaidé « non coupables » aux trente-cinq chefs d’accusation retenus contre eux, les mercenaires sont soutenus par leur ancien patron, qui estime qu’ils ont agi « en légitime défense ».
Pourtant, de nombreuses enquêtes, y compris celle du FBI, estiment que le convoi qu’ils protégeaient n’a pas été attaqué, et qu’ils ont tiré les premiers… comme dans 84 % des deux cents cas litigieux recensés entre 2004 et 2007. Si, à l’époque, les militaires privés bénéficiaient d’une immunité octroyée par le proconsul américain, elle leur a été retirée par l’Irak après le drame de 2007, et une loi votée aux États-Unis a permis de les traduire en justice. Blackwater continue en tout cas de symboliser la privatisation de la guerre. Et la poursuite de ses activités pour le compte du gouvernement des États-Unis, son principal client à 90 %, sonne comme un affront. Déjà employée par la CIA pour traquer, avec l’efficacité qu’on sait, les dirigeants d’Al-Qaïda, l’entreprise militaire, rebaptisée Xe Services LLC, officie aujourd’hui en Afghanistan.
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