Burkina : le film « Timbuktu » ovationné par le public au Fespaco
Projeté jeudi soir au Fespaco, le film « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako a reçu un franc succès après la polémique sur son éventuelle suspension pour des raisons sécuritaires.
"Pour moi, cette projection est une victoire en soi. C’est mon palmarès". Abderrahmane Sissako, le réalisateur de "Timbuktu", était visiblement ému après la projection de son film, jeudi 5 mars, dans la capitale burkinabè. "’Timbuktu’ a fait le tour du monde, mais regardez l’accueil ici. À travers le Fespaco, c’est comme si toute l’Afrique regardait ce film", s’est écrié devant la presse le Mauritanien.
Ce long-métrage, qui raconte l’occupation jihadiste dans le nord du Mali, a attiré les foules. Nombre de spectateurs, venus plusieurs heures avant la projection, n’ont pu entrer dans la salle surveillée par une trentaine de policiers.
Cette année, le Fespaco est en effet sous haute protection du fait de la diffusion de ce film vedette, recompensé par sept Césars (l’équivalent français des Oscars américains). Des problèmes sécuritaires se sont un temps posés autour de sa programmation, poussant le gouvernement burkinabè à envisager de le retirer du festival, même s’il n’avait reçu aucune "menace".
>> Lire aussi Burkina Faso : "Timbuktu" au Fespaco, retour sur un couac parti de Belgique
Dispositif de sécurité inédit
Pour sa 24e édition, le Fesapco s’est donc vu doter d’un dispositif de sécurité inédit, composé de patrouilles aux abords de la manifestation, de fouilles minutieuses des spectateurs, ou encore de portiques détectant les métaux. Quant au président Michel Kafando, qui avait apporté son soutien à la diffusion du film, il n’était finalement pas dans la salle pour la visionner.
À Bamako, où il a été projeté une fois, "Timbuktu" n’a pas fait l’unanimité, certains lui reprochant d’édulcorer la réalité. La fiction, qui avait été sélectionnée aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, a aussi fait l’objet d’une polémique en France. Le statut d’Abderrahmane Sissako, conseiller culturel du président Mohamed Ould Abdel Aziz, y a notamment été vivement critiqué.
(Avec AFP)
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