Justice : soupçons de corruption, arrestations au sein de la Fifa en Suisse
Des fonctionnaires de la Fifa ont été interpellés par la police suisse mercredi matin à Zurich à la demande de la justice américaine. Ces hauts responsables du monde du football sont soupçonnés d’avoir accepté des dessous de table de plus de 90 millions d’euros depuis vingt-cinq ans.
(Mise à jour mercredi 13h30)
Au moins six dirigeants de la Fédération internationale de football (Fifa) ont été interpellés tôt mercredi matin à Zurich en Suisse. Ils sont soupçconnés d’avoir accepté des dessous de table d’un montant de plus de 90 millions d’euros depuis le début des années 1990 jusqu’à aujourd’hui, selon les autorités judiciaires suisses.
Ces hauts dirigeants ont été interpellés dans un grand hôtel de Zurich où ils se trouvaient pour assister au Congrès de la Fifa. "La police cantonnale a arrêté six fonctionnaires du football (…) à la demande des autorités américaines", a indiqué le ministère suisse de la Justice dans un communiqué, précisant agir à la demande du parquet du district est de New York. Les six personnes ont été mises en détention en vue de leur extradition.
FIFA officials were escorted out behind sheets at the Baur au Lac hotel in Zurich http://t.co/LCuxIyugth pic.twitter.com/1M8SuQMSUu
— The New York Times (@nytimes) 27 Mai 2015
Quatorze représentants de la Fifa inculpés par la justice américaine
Au total, la justice américaine a inculpé neuf élus et cinq fonctionnaires de la Fifa pour corruption. Mais tous n’étaient pas présents à Zurich mercredi matin. Cette enquête vise "des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif" qui seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux États-Unis et en Amérique du Sud", précise la justice suisse.
Selon le New York times, l’enquête implique les officiels Jeffrey Webb, vice-président de la Fifa, Eugenio Figueredo, Jack Warner, Eduardo Li, Julio Rocha, Costas Takkas, Rafael Esquivel, José Maria Marin et Nicolás Leoz.
Members of FIFA’s executive committee are among those facing charges: http://t.co/A7mC1a4wze pic.twitter.com/jKtVWwp6st
— NYT Sports (@NYTSports) 27 Mai 2015
Ce large coup de filet concerne aussi des cadres du marketing : Alejandro Burzaco, Aaron Davidson, Hugo Jinkis, Mariano Jinkis et José Margulies. Les États-Unis ont demandé l’extradition de six personnes.
Coupes du monde 2018 et 2022
Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich. Ces saisies ont été réalisées dans le cadre d’une procédure pénale pour soupçon de "blanchiment d’argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du monde de football de 2018 et 2022. Cette procédure, ouverte depuis le 10 mars, a été rendue publique aujourd’hui.
Réaction de la Fifa
Le président de la Fifa, Joseph S. Blatter, et son secrétaire général Jérôme Valcke ne sont pas impliqués dans cette histoire, selon l’organisation. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi en fin de matinée au siège de la Fifa, le directeur de la communication, Walter De Gregorio, a répété à plusieurs reprises que "la Fifa est la victime dans cette affaire."
"Ce n’est pas un jour agréable, mais c’est aussi un bon jour, car les choses avancent et nous avons hâte d’avoir des réponses", a-t-il déclaré en assurant que la Fifa collaborait "pleinement" avec les autorités suisses et américaines.
De plus, la Fifa a confirmé que l’élection du nouveau président prévue vendredi n’était pas reportée.
Issa Hayatou approché par la police suisse
Lors de l’arrestation des dirigeants de la Fifa mercredi matin à Zurich, des policiers suisses ont eu des échanges avec Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (Caf), selon BBC Afrique. Ils lui auraient demandé de les suivre pour interrogation. Selon un témoin des échanges, le dirigeant de la Caf aurait refusé de répondre à leurs questions après que les policiers lui aient confirmé qu’ils n’avaient pas l’intention de l’arrêter.
(Avec AFP)
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