Congo-Brazzaville : Lissouba sauvé par son tablier de franc-maçon ?
Le 11 février 2014, la célébration en grande pompe du 25e anniversaire du protocole de Brazzaville était en fait un grand raout maçonnique.
Les francs-maçons africains au pied du mur
Bien que nombre de chefs d’État francophones s’y côtoient, les Loges africaines apparaissent toujours comme un lieu de pouvoir occulte et semblent impuissantes à désamorcer les conflits qui déchirent le continent.
Conclu le 13 décembre 1988, il avait donné lieu, le 22 décembre, à New York, à la signature d’un accord de paix, qui a eu pour conséquences le retrait des troupes cubaines et sud-africaines de l’Angola, l’indépendance de la Namibie, la fin de l’apartheid et, finalement, la libération de Nelson Mandela le 11 février 1990. En coulisses, de nombreux maçons ont œuvré.
Le 17 juin 2015, le Premier ministre français, Manuel Valls, lui-même ancien maçon, a décerné les insignes de la Légion d’honneur à ce « diplomate de l’ombre », en présence du vice-amiral Jean-Dominique Okemba, député grand maître de la Grande Loge du Congo. La fin de l’apartheid est-elle l’œuvre de la maçonnerie, achevée sous l’égide du Congo ? La ficelle semble un peu grosse, mais un frère le laisse croire. Il soutient même que Nelson Mandela et l’ex-président sud-africain Frederik De Klerk étaient tous les deux maçons.
Négociations sous les colonnes
En revanche, il est avéré que les protagonistes de la guerre civile congolaise, (juin 1997 à octobre 1997) ont tenté de négocier la fin des hostilités sous les colonnes. Le président Pascal Lissouba, initié au Grand Orient, et le général Denis Sassou Nguesso, passé sous le bandeau au sein d’une obédience sénégalaise affiliée à la GLNF, envoyaient des émissaires au siège du GOF, rue Cadet, à Paris. Mais les tentatives de rapprochement ont échoué.
La guerre s’est finalement soldée par la fuite du président. Certains soutiennent cependant que Pascal Lissouba n’a eu la vie sauve que grâce au devoir de fraternité maçonnique, respecté par son vainqueur, Denis Sassou Nguesso. Un devoir qui n’a pourtant pas toujours été respecté. « Le général Pinochet avait tué Salvador Allende, alors qu’ils étaient tous deux maçons », rappelle l’avocat Gérard Wolber.
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