Pakistan : au moins 82 enfants tués dans l’attaque d’une école par des Talibans

Un commando taliban a attaqué mardi une école pour enfants de soldats de Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan, provoquant un carnage qui fait au moins 95 morts, dont 82 enfants, selon un nouveau bilan des autorités.

Des élèves pakistanais s’éloignent de l’école attaquée, le 16 décembre à Peshawar. © Reuters

Des élèves pakistanais s’éloignent de l’école attaquée, le 16 décembre à Peshawar. © Reuters

Publié le 16 décembre 2014 Lecture : 3 minutes.

Les combats se poursuivaient en début d’après-midi dans l’établissement où se trouvaient au départ près de 500 élèves, la plupart âgés de 10 à 20 ans, dont on ne savait combien restaient otages ou prisonniers des combats, faisant craindre un bilan encore plus lourd. Vers 14h30 locales (09H30 GMT), trois des six assaillants avaient été tués, dont l’un en faisant exploser la bombe qu’il portait sur lui, a indiqué Pervez Khattak, chef du gouvernement de la province de Khyber Pakhtunkhwa, dont Peshawar est la capitale.

L’assaut a été revendiqué par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle islamiste du pays, qui a indiqué vouloir ainsi venger l’offensive militaire, baptisée Zarb-e-Azb, en cours contre lui dans la région. Cette attaque est l’une des plus sanglantes perpétrées par le TTP, proche d’Al-Qaïda et qui combat le gouvernement depuis 2007, et l’une des plus fortes symboliquement car visant des enfants de ses ennemis soldats et officiers.

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Assaillants déguisés en soldats

"Nous l’avons menée après une enquête qui a indiqué que les enfants de plusieurs haut responsables de l’armée étudient dans cette école", a expliqué à l’AFP Muhammad Khurasani, un porte-parole du TTP, en revendiquant l’attaque. Celle-ci a débuté vers 10H30 locales (05H30 GMT) lorsque 5 ou 6 talibans déguisés en militaires ont pris d’assaut l’école, située dans les faubourgs de la ville et à la lisière des zones tribales, selon des sources concordantes.

L’armée, très présente dans cette ville régulièrement visée par les rebelles, est rapidement intervenue, déclenchant des tirs qui se poursuivaient trois heures après le début de l’assaut. "Les troupes ont bouclé la zone et traquent les assaillants rebelles", a annoncé à l’AFP un responsable militaire local. "Beaucoup d’élèves et de professeurs ont été évacués", a-t-il ajouté sans préciser combien étaient encore dans l’école.

Le bilan provisoire s’élevait à au moins 95 morts dont 82 enfants selon un dernier bilan des autorités locales. L’hôpital militaire CMH en dénombrait 69 (59 écoliers, 7 professeurs dont 2 femmes, 3 gardes), en plus de deux assaillants tués, et l’hôpital civil Lady Reading 26. Le bilan semblait continuer à s’alourdir, certains responsables locaux évoquant jusqu’à 110 morts, un chiffre non confirmé par les hôpitaux, craignant notamment d’autres explosions suicide.

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"Des kamikazes bardés d’explosifs"

"Nous avons envoyé six hommes pour cette attaque, dont des snipers et des kamikazes (bardés d’explosifs)", avait auparavant déclaré à l’AFP le porte-parole taliban Muhammad Khurasani. "Cette attaque est une réponse à l’offensive Zarb-e-Azb, à la vague d’assassinats perpétrée contre les talibans et au harcèlement de leurs proches", a-t-il ajouté. "Ils ont l’ordre de tirer sur tous les étudiants adultes mais d’épargner les enfants, même si ce sont ceux du (chef de l’armée le) général Raheel Sharif ou (du Premier ministre) Nawaz Sharif", a encore affirmé le porte-parole du TTP.

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L’armée mène depuis plusieurs mois une offensive d’ampleur contre le TTP et ses alliés dans plusieurs zones tribales, dont son principal refuge du Waziristan du Nord, situé le long de la frontière afghane. "Cette attaque est une opération à la fois tactique et militaire. les rebelles savent qu’ils ne peuvent frapper l’armée chez elle car ils n’en ont pas la capacité et qu’elle est bien préparée", a déclaré à l’AFP le général à la retraite et analyste spécialiste des questions de sécurité Talat Masood.

"Ils visent donc des cibles molles en espérant que cela aura un fort impact, notamment psychologique, sur la population. Les talibans espèrent qu’en visant les enfants, ils feront baisser le soutien aux opérations militaires contre eux", a-t-il ajouté.

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