Affaire Steinhoff : le groupe sud-africain révèle que les irrégularités remontent au moins à 2015
Nouveau rebondissement dans l’affaire Steinhoff : les irrégularités comptables remontent au moins à 2015, a révélé ce mardi le groupe sud-africain. La date de publication de ces comptes réexaminés reste néanmoins « incertaine ». L’agence Moody’s a dégradé sa note, craignant un défaut de 1,47 milliards de dettes à rembourser en 2018.
Le groupe Steinhoff a reconnu, dans un communiqué publié le 2 janvier, qu’il allait devoir procéder à une révision de ses comptes financiers de 2015, voire ceux des années précédentes. Cette annonce intervient après avoir révélé le 13 décembre dernier que les « irrégularités comptables » ne se limitaient pas au dernier mois 2017, mais comprenaient également l’année 2016. La date d’achèvement du réexamen de la situation financière de l’entreprise, réalisé à la fois en interne et par le cabinet d’audit PwC, demeure « incertaine ».
L’entreprise n’a également pas encore expliqué ce que le terme « irrégularités comptables » recouvrait précisément. Elle a toutefois annoncé vouloir lever environ 2 milliards d’euros en se séparant d’actifs non-essentiels et grâce au remboursement d’un emprunt de sa filiale Steinhoff Africa Retail.
Sa note dégradée fin décembre par Moody’s
Le 28 décembre, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note de Steinhoff, soulignant que le risque de défaut de l’entreprise était « significatif ». Celui-ci connaît en effet des problèmes de liquidité, suite à la réduction ou la suspension de nombreuses lignes de crédit. « Conséquemment, les niveaux de liquidité de Steinhoff pourraient se révéler pour soutenir ses opérations européennes à court terme si l’entreprise n’est pas en mesure de consolider son solde de trésorerie ou ses autres sources de liquidité », indique l’agence de notation.
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Moody’s souligne qu’environ 1,47 milliards d’euros de dettes de l’entreprise arrivent à maturité en 2018, et l’agence de notation considère que les enquêtes sur les irrégularités comptables présumées pourraient rendre difficile le remboursement ou le refinancement de ces emprunts.
Chute de la capitalisation boursière de 89 %
Le conglomérat Steinhoff est présent sur les segments de l’ameublement (Conforama), des biens de consommation (Peps Store) et l’automobile (licences Isuzu et Hertz pour l’Afrique du Sud).
Depuis l’annonce de ces irrégularités, la capitalisation boursière de l’entreprise a chuté de 11,3 milliards d’euros, soit de 89 %.
>>> LIRE AUSSI – Affaire Steinhoff : du remue-ménage à la tête du groupe sud-africain
De nombreux changements ont eu lieu à la tête du groupe, avec les départs successifs du directeur général Markus Jooste, ainsi que du milliardaire sud-africain Christo Wiese du conseil d’administration, et de la direction générale, qu’il assurait par intérim après le retrait de Jooste.
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