Bassin du Congo : le Mokélé-Mbembé, cousin africain du monstre du loch Ness ?
L’explorateur Michel Ballot est parti à la recherche du mystérieux Mokélé-Mbembé, en Afrique centrale. Il livre aujourd’hui le récit de sa longue et obsédante quête.
C’est l’histoire d’une passion dévorante. Celle d’un homme lancé à corps perdu dans une quête scientifico-fantastique aux confins de l’Afrique centrale. Un aventurier qui a consacré une décennie de sa vie à un sujet que personne n’a jamais vu : le Mokélé-Mbembé, sorte de monstre du loch Ness du bassin du Congo, chimère des temps modernes que récits et témoignages, recueillis par des missionnaires, des militaires ou des scientifiques depuis plus d’un siècle, ont pourtant conté. Notamment grâce aux populations pygmées.
Tantôt décrit comme un diplodocus de petite taille, véritable relique du Crétacé, tantôt comme une sorte de rhinocéros à queue de crocodile et à tête de serpent, l’animal mesurerait environ 15 mètres de longueur.
Michel Ballot, naturaliste et aventurier – il faut l’être pour arpenter sans relâche cette région parmi les moins explorées de la planète -, a donc passé les dix dernières années immergé dans cette science bizarre qu’est la cryptozoologie, la recherche des animaux "cachés", dont le fondateur et maître à penser demeure le Belge Bernard Heuvelmans, décédé en août 2001. Son credo ? "L’aventure zoologique n’est pas morte." Ballot raconte cette quête, avec force détails mais aussi un sens certain de la narration dans À la recherche du Mokélé-Mbembé (éditions du Trésor).
Afrique méconnue et sauvage
Tout commence en 2004, lorsqu’il compulse les ouvrages et archives consacrés à ce "dernier dinosaure". Preuve de l’intérêt ancien suscité par le Mokélé-Mbembé, cette couverture du périodique Sciences et Avenir de septembre… 1958 qui titrait "Existe-t-il des dinosaures vivants dans les grands marais africains ?".
Vint ensuite le temps de l’exploration proprement dite, avec ses émerveillements – cette impression de plonger dans l’histoire de la Terre et de remonter le temps -, mais aussi ses affres : l’auteur du livre a failli ne jamais revenir de ses pérégrinations autour du lac Télé, des marais du Nord-Gabon, de la zone au sud de Ouesso, au Congo ou des chutes Nki, d’où, atteint par un mystérieux mal en décembre 2012, il fut rapatrié in extremis à Nice.
En filigrane, cette Afrique méconnue et sauvage, terra incognita y compris pour ses citoyens urbanisés. Son livre, passionnant, est né, comme souvent, d’une rencontre fortuite. Celle entre un éditeur, Julien Alvarez, et une connaissance de l’auteur, dans les catacombes de Paris, quelque part sous le pont d’Iéna.
Alvarez s’intéresse aux ressorts qui sous-tendent les quêtes en tous genres qui relient un homme à son obsession – la recherche d’un trésor inca ou d’un dinosaure oublié – jusqu’à la découverte ou la mort. Il aborde donc Michel Ballot lors d’une conférence, s’entiche de l’histoire et de ses fondements psychologiques, découvre que l’auteur – qui travaillait avec Jérôme Raynaud, biologiste, réalisateur de documentaires animaliers et ancien assistant du célèbre Jacques Perrin (Microcosmos, Océans, etc.) – a déjà écrit le manuscrit de son aventure, plus scientifique que grand public, ce qui sera corrigé dans l’ouvrage publié.
Le reste fut l’affaire de ces mystères qui poussent les hommes aux frontières du réel et de l’imaginaire, sur la piste infinie de l’inconnu. Mais l’histoire des sciences a souvent démontré que ce qui paraissait impossible pouvait finalement exister, grâce à ces obstinés aux allures de grands enfants qui croyaient fermement en leurs théories.
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