[Édito] Les Tunisiens ont-ils les dirigeants qu’ils méritent ?
À Tunis, la campagne pour l’élection présidentielle du 15 septembre a commencé. Il faut la vivre de l’intérieur pour véritablement comprendre ce moment rare, étrange et presque fascinant. L’issue en est indécise, paradoxale et sans précédent dans l’histoire du pays depuis la « révolution » de 2011.
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Marwane Ben Yahmed
Directeur de publication de Jeune Afrique.
Publié le 9 septembre 2019 Lecture : 3 minutes.
Officiellement, tout le monde prétend se désintéresser de l’événement. Certains estiment que le vrai pouvoir est à l’Assemblée. D’autres, que le casting proposé – une petite trentaine de candidats – ne fait pas rêver les foules. La classe politique est vouée aux gémonies, accusée de ne se préoccuper que de ses intérêts, de ses privilèges et de ses prébendes. Or la vérité est qu’on ne parle que de ça, que tout le monde suit passionnément les débats (souvent affligeants) et colporte rumeurs et fake news glanées dans les salons ou sur les réseaux sociaux.
Mais personne n’est en mesure de faire un pronostic pour le premier tour de scrutin, encore moins de se projeter sur le second. Les Tunisiens errent dans un épais brouillard. Le temps des patriarches (Bourguiba, Ben Ali, Béji Caïd Essebsi), des supposés poids lourds et des hommes providentiels est révolu. Voici celui des foires d’empoigne, des combats douteux où d’improbables seconds couteaux se prennent à rêver du palais de Carthage. Les électeurs ne jugent plus les candidats qu’en fonction des sondages. Personne ne se pose la question de leur fiabilité ou de leur compétence. Rares sont ceux qui se penchent sur leurs programmes, quand ces derniers existent.
Bien s’informer, mieux décider
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