La BEAC baisse son taux directeur pour la troisième fois en un an
Le Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé, le 8 juillet, de réduire le taux d’intérêt des appels d’offres de 30 points de base, c’est la troisième baisse en une année.
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) poursuit sa politique monétaire accommodante. Son comité de politique monétaire a décidé le 8 juillet de réduire le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) de 30 points de base. Le taux directeur se situe désormais à 2,95%. Cette troisième réduction en une année est consécutive à celle récente des taux de la Banque centrale européenne. Mais les effets de cette politique monétaire accommodante restent handicapés par l’absence de réformes structurelles dans la zone. La banque centrale entrevoit néanmoins une croissance à 6,1% cette année.
Soutenir l’activité
Cette évolution s’inscrit en effet dans la droite ligne des récentes décisions de la Banque centrale européenne, du fait de la parité fixe entre le franc CFA et l’euro. Le 5 juin, la BCE a en effet abaissé son taux d’intérêt des opérations principales de refinancement de 10 points de base, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal, qui rémunère le compte d’opérations, perdait 35 points de base.
En procédant à une troisième baisse consécutive de son taux directeur en une année – après celles de juillet et octobre 2013 – la banque centrale commune aux six pays de la CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale, RCA et Tchad) entend soutenir l’activité dans la sous-région.
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De manière générale, « il s’agit d’une politique monétaire non conventionnelle qui consiste à une stratégie d’abondement de monnaie pour éviter le rationnement de crédit et ne pas étouffer la reprise économique mondiale qui s’amorce depuis quelques mois », décrypte Désiré Avom de l’université de Yaoundé II – Soa.
Tout en n’excluant pas des décisions similaires de la BEAC à l’avenir tant que la reprise ne sera pas consolidée, l’économiste reste dubitatif sur leur efficacité. « Les effets attendus sont toutefois extrêmement limités à cause de la surliquidité des banques et, surtout, à cause de la faiblesse des réformes structurelles qui sont du ressort des États, dont on peut malheureusement constater la mollesse », analyse-t-il.
Croissance régionale
Ces réformes portent notamment sur les infrastructures, la politique industrielle et le climat des affaires. Optimiste, la BEAC entrevoit une croissance régionale à 6,1% cette année. Une embellie tributaire de la reprise de la production pétrolière et d’une bonne conjoncture dans le secteur non pétrolier, même si, de son propre aveu, cette dynamique demeure insuffisante pour faire reculer la pauvreté.
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