Tunisie : Rached Ghannouchi face à Hamma Hammami, une discorde à son paroxysme
Rached Ghannouchi, le président du mouvement islamiste Ennahdha, et Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, qui regroupe des partis d’extrême gauche, se rendent coup pour coup.
En février 2011, à la chute du régime Ben Ali, tous deux avaient imposé, manifestations à l’appui, l’adoption d’une constituante plutôt qu’un simple toilettage de la loi fondamentale. Aujourd’hui, s’ils ne regrettent nullement l’abandon du régime présidentiel au profit d’un régime parlementaire, tous deux ont pris la mesure des blocages que ce dernier provoque. C’est bien là le seul point d’accord entre Rached Ghannouchi, 77 ans, président du mouvement islamiste Ennahdha, et Hamma Hammami, 66 ans, porte-parole du Front populaire, qui regroupe des partis d’extrême gauche.
Leur discorde éclate au grand jour à l’Assemblée. D’un côté, Ennahdha, qui a certes rompu son alliance avec Nidaa Tounes (la formation de Béji Caïd Essebsi, le président de la République), mais continue de gouverner avec lui. De l’autre, le Front populaire, résolument ancré dans l’opposition, mais qui, avec seulement 15 députés, ne parvient pas à infléchir la conduite des affaires.
Ennahdha est et restera un parti de Frères musulmans qui, pour atteindre son objectif à long terme, noue des alliances de circonstance
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